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Allocution au conseil général du 31 janvier 2009

Notes pour une allocation du leader parlementaire du Bloc Québécois lors du Conseil général du 31 janvier 2009

Quand j’ai vu cette semaine Michael Ignatieff paniqué à l’idée de prendre le pouvoir dans le cadre d’une coalition appuyée par le Bloc Québécois, ça m’a rappelé cette histoire d’avion en perdition:

À bord d’un avion en vol, se trouvent Gilles Duceppe, Michael Ignatieff et Jean-François Landry, le président du Forum jeunesse du Bloc Québécois et le pilote est Stephen Harper.

Évidemment, comme vous vous attendez, rapidement l’avion est en perdition et commence à piquer du nez.

Harper apparaît en courant et dit : « faites ce que vous voulez, j’ai un parachute, il en reste deux, moi je saute car je dois sauver le Canada ».

Ignatieff prend un des deux derniers parachutes et saute en criant : « je m’excuse mais je dois sauver le Canada ».

Il ne reste plus qu’un parachute. Gilles Duceppe dit à Jean-François : « prends le dernier parachute car les jeunes et toi vous représentez l’avenir du Québec ».
Et  Jean-François répond tout de go : « Ne vous inquiétez pas monsieur Duceppe, Ignatieff a sauté avec mon sac d’école. Il reste toujours deux parachutes!

Ça, c’est Ignatieff!
Ça, c’est Gilles Duceppe!

Plus sérieusement, cette semaine, Ignatieff et les libéraux ont démontré leur faiblesse et se sont rendus complices des choix idéologiques de droite des conservateurs et de Stephen Harper, contre le Québec.

Lors de la dernière élection générale du 14 octobre dernier, les Québécoises et les Québécois ont élu une majorité de députés du Bloc Québécois afin que nous servions de rempart contre l’idéologie conservatrice de Stephen Harper. Les actions posées par Harper nous démontrent qu’ils ont eu raison de le faire. Si le Bloc Québécois n’avait pas été là, le parti conservateur aurait été porté au pouvoir comme gouvernement majoritaire et il aurait donné suite sans scrupule à l’énoncé économique de Jim Flaherty.

Parce que la nation québécoise a bloqué les conservateurs, parce qu’elle a empêché les conservateurs d’avoir un gouvernement majoritaire, le Bloc Québécois a pu infléchir les orientations du gouvernement Harper.

Depuis l’élection, toutes les actions de Stephen Harper à la Chambre des communes démontrent son profond mépris des aspirations et des demandes du Québec. Ça a été manifeste dès son premier discours du Trône le 18 novembre dernier qui était contraire aux attentes de la nation québécoise. Nous avons tenté de l’amender pour dénoncer le fait qu’il ne répondait pas aux consensus québécois, notamment en ce qui a trait à la législation sur les jeunes contrevenants, au rapatriement au Québec des pouvoirs en matière de culture et de communication, à l’élimination du pouvoir fédéral de dépenser et au maintien du système actuel de réglementation des valeurs mobilières.

Notre sous-amendement a été défait par les trois partis fédéralistes qui ont démontré à nouveau leur insensibilité commune pour les aspirations du Québec.
La dérive parlementaire de Stephen Harper s’est poursuivi avec la présentation de l’énoncé économique le 27 novembre, énoncé économique qui n’était qu’un énoncé idéologique.

Outre le fait que le gouvernement a démontré son absence totale de vision pour faire face à la crise économique, aveuglé qu’il est par son idéologie du laisser-faire, il a rejeté du revers de la main les mesures présentées par le Bloc Québécois dans son plan de relance quelques jours plus tôt.

De plus, les conservateurs s’attaquaient dans leur énoncé économique, aux droits des femmes, aux droits des travailleurs et des travailleuses de la fonction publique et à la démocratie.

Devant la provocation des conservateurs, les partis d’opposition ont fait front commun et ont formé une coalition. Moi qui ai été mêlé de près aux négociations avec les autres partis d’opposition, je peux témoigner du rôle central et du leadership de Gilles Duceppe dans la constitution de cette alternative aux conservateurs. La préoccupation du Bloc Québécois, celle de Gilles Duceppe, a toujours été dans cette opération, la promotion et la défense des intérêts et des valeurs du Québec.

En matière économique, l’entente qui formait la coalition reprenait plusieurs mesures du plan de relance du Bloc Québécois, ce qui permettait au Québec et à la population de faire des gains très significatifs.  Nous avons obtenu un véritable plan de soutien aux secteurs manufacturier et forestier, des mesures de protection aux retraités, de l’aide pour les travailleurs et les travailleuses âgés, le rétablissement du financement à la culture et aux organismes à but non lucratif à vocation économique ainsi qu’une caisse d’assurance-emploi vraiment au service des travailleurs et des travailleuses.

Devant la menace que représentait la coalition, Stephen Harper pour tenter de sauver son poste de premier ministre et de chef du parti conservateur, a montré sa vraie nature. Il a mis la Chambre des communes en lock-out, il a prorogé la Chambre. Plus grave, pour lui, les députés du Bloc Québécois n’ont pas la même valeur ni la même légitimité que les autres députés de la Chambre des communes.
Ce faisant, c’est le choix exercé démocratiquement par le Québécoises et les Québécois qu’il met en doute. La Fortier-mobile de la dernière élection était de retour avec la même arrogance.  Je constate aussi la hargne qui s’empare d’une partie de la nation canadienne dès lors que les intérêts de la nation québécoise sont bien défendus à Ottawa. C’est une preuve supplémentaire qu’au sein du Canada, la nation québécoise ne sera jamais totalement libre de ses choix, seule sa pleine souveraineté le lui permettra.

Après les réactions au Québec à son énoncé économique et l’appui massif de la nation québécoise à la coalition, on aurait pu espérer que Stephen Harper comprenne le message que les Québécoises et les Québécois lui ont envoyé lors de l’élection. Au contraire! Sitôt arrivé à Ottawa, il récidivait avec ses mesures contre le Québec. Dans son deuxième discours du Trône lundi dernier, le gouvernement Harper a promis de revenir avec les priorités énoncées dans le discours du Trône précédent, des priorités, faut-il le rappeler, qui sont inacceptables pour le Québec.

Ajoutant l’odieux à l’insulte, son budget de mardi dernier n’a pas tenu compte une seule seconde des demandes unanimes de l’Assemblée nationale et il a proposé des mesures extrêmement néfastes pour le Québec. Pensons ici aux modifications autoritaires à la formule de péréquation, à son entêtement d’aller de l’avant avec la commission des valeurs mobilière, à l’absence de véritables bonifications à l’assurance-emploi et au rachitisme du soutien aux secteurs forestier et manufacturier québécois. À titre d’illustration, on n’a qu’à penser à l’aide de 2,7 milliards de dollars pour l’industrie automobile, largement concentré en Ontario comparés aux 170 millions de dollars sur 2 ans pour le secteur forestier partout au Canada incluant le Québec. 2 poids, 2 mesures! Au plan des valeurs, le Québec est aussi attaqué lorsqu’on s’en prend aux droits des femmes à l’équité salariale ou aux droits des travailleurs.

Devant cela, le Bloc Québécois a proposé d’amender le budget, dans le but de faire respecter les demandes unanimes du Québec. Cependant, les libéraux, y compris ceux du Québec, se sont alliés aux conservateurs, y compris ceux du Québec, pour défaire ce sous-amendement qui aurait été profitable pour la nation québécoise, démontrant que les deux grands partis fédéralistes forment une coalition qui a choisi le Canada au détriment du Québec.

Une constatation s’impose : seule l’équipe parlementaire du Bloc Québécois est à Ottawa pour défendre la nation québécoise. Cette équipe aguerrie se tient debout et porte haut et fort les revendications et les valeurs du Québec en présentant des mesures pour venir en aide aux Québécois et aux Québécoises affectés par la crise économique, pour aider les travailleurs et les travailleuses qui perdent leur emploi, pour aider les entreprises et les collectivités affectées par les difficultés des secteurs manufacturier et forestier et pour aider les aînés les plus vulnérables.

Nous reviendrons à la charge pour rappeler que la Chambre des communes a reconnu la nation québécoise et que cette reconnaissance doit s’accompagner de gestes concrets, notamment pour notre langue et notre culture.

Enfin, notre équipe peut compter sur un chef expérimenté, un chef en qui on peut avoir confiance, un militant qui travaille sans relâche à l’ascension du Québec à son indépendance nationale, un chef qui se tient debout pour le Québec, le chef du Bloc Québécois, mon ami, Gilles Duceppe!

Pierre Paquette

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