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Ottawa doit cesser de s'aligner sur George W. Bush

Les chefs d'État et de gouvernements du G20 se réunissent samedi prochain à Washington pour discuter d'un projet de réforme en profondeur de la gouvernance économique mondiale.

La crise actuelle résulte en grande partie du laxisme dans la réglementation des différentes institutions financières. Afin de corriger ces lacunes, il est primordial de réformer en profondeur le système financier. Cette réforme doit s'attaquer à une modification fondamentale et à un encadrement renouvelé du système financier international et américain sous l'égide du FMI. Afin de mener à bien cette réforme, il est aussi primordial que les pays membres du G20 adoptent une stratégie conjointe et musclée de lutte aux paradis fiscaux. Sitôt élu, le gouvernement fédéral a pris ses distances quant aux mesures à prendre pour réformer le capitalisme. En effet, le gouvernement conservateur maintient son rejet du multilatéralisme en refusant d'envisager des modifications au rôle des institutions internationales dans la gouvernance mondiale du système financier. Il privilégie l'approche du président Bush, le canard boiteux, en affirmant que chaque pays doit encadrer de près ses institutions financières.

Le premier ministre Harper tente en plus de faire dévier le débat sur la réforme en s'attaquant au protectionnisme. Or, de l'aveu même du premier ministre français, François Fillon, soulever le débat du protectionnisme reviendrait à "essayer de tuer l'initiative" européenne.

Finalement, le sommet du G20 sera l'occasion de discuter des moyens pour humaniser le capitalisme. Il est aberrant que des spéculateurs empochent des profits en jouant à la Bourse sur la faim des habitants des pays en voie de développement. Il faut plafonner les primes indécentes que reçoivent les dirigeants des grandes corporations pendant qu'ils jettent à la rue des milliers de travailleurs. En 1980, 1 % de la population aux États-Unis empochait 8 % du revenu total. En 2006, ce même 1% s'accaparait 23% du revenu total, soit presque trois fois plus.

La rencontre du G-20 doit donc non seulement s'attaquer aux failles du système financier, mais aussi à celles des politiques sociales et économiques pour qu'elles visent efficacement la réduction des inégalités de revenus aux plans interne et international.

Pierre Paquette,

Économiste et leader du Bloc québécois

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