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Avec les conservateurs, le Québec prend des claques

Si on prend des forces avec les conservateurs, je me demande bien où... Quand on pense aux forces du Québec au tournant du millénaire, on mentionne inévitablement les technologies de l’information (TI), où il se passait un bouillonnement indéniable. Huit ans plus tard, il ne reste aucune volonté politique de poursuivre cette excellence.

Si nous avons perdu le pas en aussi peu de temps, c’est parce qu’il n’y a plus aucune vision à Ottawa en matière d’innovation. Le gouvernement conservateur de Stephen Harper est guidé par sa politique de laisser-faire voulant qu’il intervienne le moins possible. 

Notre dernier fleuron dans le domaine, UbiSoft, s’est établi au Québec grâce à Bernard Landry. Ce dernier n’avait d’ailleurs pas attendu d’être premier ministre pour s’intéresser à la chose puisqu’il avait signé Le Virage technologique quand il a été ministre de René Lévesque. 

Avec Harper, les coupes récentes ont touché la culture comme chacun sait, mais aussi les technologies émergentes sur Internet. Mme Josée Verner a aboli le Fonds des réseaux de recherche sur les nouveaux médias (FRRNM) juste avant le déclenchement des élections, un geste peu rapporté par les médias. Cela a enlevé 600 000 $ par an au volet de recherche de la Société des arts technologiques (SAT), un organisme très dynamique qui rayonne déjà sur la scène internationale. Ce n’est pas tout. La SAT a aussi perdu 300 000 $ par année, somme qui était dédiée à son fonctionnement, à cause de l’interruption du soutien financier de Développement économique Canada par Jean-Pierre Blackburn! 

Ce n’était que la suite des décisions idéologiques prises par le gouvernement conservateur dès son arrivée au pouvoir. Ils ont mis fin à Partenariat technologique Canada parce que c’était surtout l’économie québécoise qui en profitait dans l’aéronautique, la pharmaceutique, l’environnement, les biotechnologies et l’informatique, bien entendu. Les provinces de l’Ouest, dont l’économie, basée exclusivement sur l’exploitation des ressources naturelles, est largement encouragée par les crédits d’impôt, y voyaient effrontément un gaspillage de fonds publics.  

Un autre exemple de la duplicité des conservateurs envers le modèle québécois de développement est apparu avec les coupes aux organismes à but non lucratif consacrés au développement économique régional. En même temps, ils annonçaient des dizaines de millions de dollars à l’industrie automobile de l’Ontario. Avec les partis canadiens et fédéralistes, plus ça change, plus c’est pareil.  

Le manque de vision des conservateurs n’est pas un accident en fonction de leur dogme du laisser-faire. Je déplore fortement par contre leur double standard. En fait, ils ont une politique industrielle. Elle est axée exclusivement sur le pétrole et les sables bitumineux avec les effets néfastes qui en découlent pour l’environnement et le secteur manufacturier québécois.  

Pour prendre des forces, comme ils disent, je crois qu’il faut rétablir des programmes conjoints de recherche et développement avec nos industries de pointe, n’est-ce pas?

Pierre Paquette

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