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Loi sur la représentation électorale

Non à la résignation

La chronique d’Alain Dubuc, « l’arithmétique de la nation » (La Presse, 20 mai 2007), est celle d’un fédéraliste résigné qui sait que la construction du Canada ne pourra jamais intégrer harmonieusement celle du Québec. Pour monsieur Dubuc, le projet de loi sur la représentation électorale qui augmente de 22 le nombre députés de l’Ontario et de l’Ouest canadien à la Chambre des communes est « normal », même si l’effet net est de réduire encore une fois le poids politique du Québec au sein de cette institution. C’est « normal », selon lui, que la répartition des députés reflète la distribution de la population entre les différentes régions du Canada. On se serait attendu à ce que du même souffle, il dénonce la surreprésentation électorale de certaines provinces canadiennes comme l’Ile-du-Prince-Édouard. Non, il est « normal » de tenir compte de la spécificité de cette province. Mais alors pourquoi ne serait-il pas « normal » que la reconnaissance récente de l’existence de la nation québécoise par la Chambre des communes s’accompagne de garantie en terme de poids politique relatif au sein de cette institution?

Cette spécificité nationale, monsieur Dubuc l’ignore totalement et pour lui, les Québécois sont responsables de cette marginalisation parce que leur population croît moins vite que d’autres régions. Cette explication n’en est pas une parce qu’elle n’a rien à voir avec le fait que la Chambre des communes, donc la nation canadienne, ayant reconnu l’existence de la nation québécoise, devrait prendre les moyens de lui assurer un niveau de représentation équivalent à 25 % de la députation et ainsi être sûr que la voix du Québec sera toujours entendue. Là encore, on sent que la tentative de rendre les Québécois responsables de cette situation cache mal sa résignation devant l’incapacité du système politique canadien à se réformer.

On est en droit de se demander si la reconnaissance de la nation québécoise n’a pas été finalement qu’une manœuvre électoraliste des Conservateurs et des autres fédéralistes à Ottawa sans conséquence pour l’avenir du Canada. Cette non reconnaissance des faits n’est pas un complot mais simplement le résultat de la logique canadienne du nation building où la réalité nationale québécoise n’a pas sa place. Le Bloc Québécois va continuer de s’opposer au projet de loi sur la représentation électorale qui marginalise à tous points de vue le Québec dont le poids politique à la Chambre des communes passerait de 24,7% à 22,3% d’ici 2014 alors qu’il représentait 36% des sièges en 1867.

L’Assemblée nationale et le Bloc Québécois demandent au gouvernement Harper de retirer le projet de loi sur la représentation électorale. Nous refusons de nous résigner comme le chroniqueur de La Presse et nous prendrons tous les moyens à notre disposition pour amener le gouvernement à la raison. Le mouvement souverainiste comprend très bien que chaque gain, y compris le retrait du projet de loi sur la représentation électorale, renforce le Québec, son poids politique et pave la voie à l’avenir du Québec et au jour où le Québec aura 100 % de ses pouvoirs politiques, ce qui est la souveraineté.

Pierre Paquette
Député de Joliette
Leader parlementaire du Bloc Québécois
et porte-parole en matière de Réforme démocratique

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